Le choix s’effectue
pour chaque patient en fonction de plusieurs critères
:
L’âge du patient : on
sait que plus on avance en âge et moins le genou est instable. Le traitement
chirurgical est donc plutôt proposé aux personnes jeunes mais il ne s’agit pas
d’un critère obligatoire.
Les lésions existantes
: outre la rupture du ligament croisé antérieur, la présence d’atteintes
ligamentaires périphériques, d’une lésion méniscale ou cartilagineuse entraînant
une laxité majeure du genou peut orienter vers le traitement
chirurgical.
L’activité du patient
:
La sédentarité est, à
priori, une indication de traitement fonctionnel.
Un travail physique
avec ports de lourdes charges, travail sur échafaudage. incitera à un traitement
chirurgical
Un sportif pratiquant
une activité où existent des sauts, des réceptions, à fortiori, avec des
contacts avec l’adversaire (football, basket, hand, judo…) orientera vers un
traitement chirurgical.
Le choix du traitement
se fera en se posant la question suivante : le genou du patient est-il ou sera
t-il stable durant ses activités quotidiennes, professionnelles et sportives
avec le seul traitement fonctionnel ?
Si la réponse est à
priori, oui, le traitement fonctionnel est indiqué
Si la réponse est à
priori non, le traitement chirurgical est indiqué
Il n’est, bien sûr,
pas toujours facile de répondre d’emblée à cette question. Dans ce cas, un
traitement fonctionnel est mis en place et secondairement le traitement
chirurgical peut être proposé soit parce que le genou reste ou devient instable
ou parce que le patient veut faire une nouvelle activité plus dangereuse. Il
faut enfin savoir qu’il n’y a aucune urgence à opérer et que l’intervention peut
très bien s’effectuer dans l’année ou l’année et demi après le
traumatisme.
À titre d’exemple,
voici 3 situations :
Sujet de 20 ans
présentant une rupture isolée du ligament croisé antérieur, footballeur de
compétition, jouant en DRH, étudiant. Il veut pouvoir reprendre son sport
favori. Le traitement chirurgical est prévu
d’emblée.
Sujet de 45 ans,
informaticien, qui pratique la course à pied en loisir, 2 fois par semaine. Le
risque d’instabilité du genou est minime et le traitement proposé doit être le
traitement fonctionnel
Sujet de 30 ans,
footballeur de niveau régional en fin de carrière qui ne souhaite pas pour des
raisons professionnelles reprendre le foot mais faire de la course à pied voir
un peu de tennis. Traitement fonctionnel dans un premier
temps.
Quand opérer?
Contrairement à ce qui
se pratiquait il y a une quinzaine d’année, il n’y a pas d’urgence à traiter la
rupture du ligament croisé antérieur. En effet, opérer en urgence, sur un genou
douloureux et inflammatoire expose à un certain nombre de complications
(algodystrophie, raideur) qui, finalement, retarde la
récupération.
Pour cette raison,
nous préférons mettre en place un traitement fonctionnel au départ et pratiquer
l'intervention chirurgicale, si elle est décidée, à distance de l'entorse
lorsque le genou est indolore, sec et mobile. Ceci demande au minimum 1,5 mois
après un traumatisme.
De plus, ce laps de
temps permet au patient de bien comprendre les avantages et les inconvénients de
chaque traitement et de pouvoir choisir en connaissance de cause le traitement
qui lui est le plus adapté